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Exposition en cours 

SCULPTURES CELADON par Jean-François Fouilhoux 


Exposition du 4 OCTOBRE au 26 NOVEMBRE 2018
Vernissage en présence de l'artiste le jeudi 4 octobre de 19 à 23h  

 

Ligne nue


J'aime l'argile.

Je suis toujours ému de voir l’empreinte de mes doigts dans la terre.
L'argile mémorise leur moindre effleurement, elle conserve le moindre mouvement qui lui est transmis. La plus faible inflexion, voire hésitation, y laisse sa trace.
Elle est un enregistreur d'émotions. Un chercheur n'a-t' il pas dit que si l’on disposait des outils appropriés, on pourrait entendre les sons émis dans un atelier pendant le tournage d’un pot, parce qu’ils se sont inscrits sur sa surface, comme les premiers enregistrements de voix gravés sur des rouleaux de cire. Cette propriété bien singulière de l’argile est d’autant plus riche que la cuisson en fige les marques et fait ainsi perdurer les traces.

Comme la paroi de la caverne et le pigment, ou le papier et le crayon, l’argile s’associe à la main et au corps.

J'écris dans la terre.

Mon crayon ? Une lame flexible que je courbe à volonté.
Mon support ? Un mur d’argile.

Je dessine dans l’espace en déplaçant cette lame à l'intérieur du mur que je tranche dans toute son épaisseur. La ligne est continue, à la manière d’une écriture, et, à l'intérieur de la terre, le volume se forme à l'aveugle, imaginé dans le geste.


La forme se compose alors de deux éléments emboîtés, séparés par un léger espace. On pourrait dire que chacun est le moule ou l'empreinte de l'autre, avec cet espace que Marcel Duchamp définissait comme infra-mince. Ils sont nés du même geste : le déplacement de la lame flexible, dont finalement, seule la trace m'intéresse.
Alors je sacrifie l'une des deux parties, que je détruis pour laisser apparaître l'empreinte du geste.
Trace d'énergie, de tension… Comme le calligraphe, j'ai médité la gestuelle avant de l'exécuter. Une sorte de danse, de rituel, où le mouvement est ample, dynamique, continu et sans remords.

Dégager cette empreinte sensible, épilogue d’un instant privilégié, la vider de sa matérialité, en la réduisant à une peau, puis la faire vivre comme suspendue dans le vide…
Et juste vouloir l’énergie du geste qui se développera dans l’espace…

Encore une histoire de plein et de vide…, récurrente en céramique. Mais c'est aussi celle du céladon, translucide, autre symbole du plein et du vide : à la fois matière et lumière.



Jean-François Fouilhoux

 

 

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